Radiohead, l’industrie du disque et Jammie Thomas
Réflexions perso No Comments »A l’heure où Radiohead annonce que leur nouvel opus sera disponible sur leur site à prix libre, la pauvre Jammie Thomas se voit condamner à 220.000 dollars d’amende pour avoir téléchargé 24 morceaux et partagé sa bibliothèque sur Kazaa. L’industrie du disque n’a donc pas encore compris que plutôt que de diaboliser le téléchargement illégal, il fallait encourager le téléchargement légal, trouver des alternatives originales et répondre aux besoins des consommateurs qui sont prêts à payer (mais à un prix raisonnable) des morceaux de qualité. Pourquoi payer un CD 20 euros quand on peut le trouver ce même CD gratuitement (mais illégalement) sur Internet.
Les maisons de disques ont peur, peur de voir leurs bénéfices fondre comme neige, leurs marges diminuer alors qu’une bonne solution verrait leur bénéfice augmenter. Dans un premier temps, ils ont voulu imposer des DRM et protections sur les CD les rendant ainsi illisible sur certains lecteurs (c’est sur, ça encourageait les gens à acheter des CD…). La deuxième solution (toujours en vigueur sur une majorité de sites payants) a été d’imposer ces DRM sur les morceaux téléchargés légalement. Encore une fois, je ne vois pas bien l’intérêt d’une telle manœuvre. Plutôt que de compliquer la vie aux gens, ils devraient la faciliter non ? A force de ne penser qu’à eux, ils oublient que ce sont les artistes qui les font vivre et que leurs avis pourraient être intéressants. Trop occupés dans les tribunaux, ils vont se retourner et constater que leurs bacs sont vides.
Pourquoi aller sur un label ou une maison de disque ca ne leurs apporte plus rien ? Avant, les aspects de production, de promotion et de distribution massive constituaient des facteurs clés de réussite mais à l’heure où l’internaute est roi, les valeurs ont changé. La qualité, le bouche à oreille et les concerts sont de bons moyen d’arriver à ses fins sans passer par une maison de disques (la chance a et sera toujours un facteur clé mais ça, ça ne change pas d’un modèle à l’autre). Alors, il faut arrêter d’effrayer les gens car le piratage a toujours existé (sous différentes formes) et existera toujours quoiqu’il en soit. Il faut plutôt les conscientiser sur le fait que tout travail mérite salaire et que les artistes ont eux aussi droit de gagner leur vie.
Comment gagner sa vie avec sa musique sans maison de disque ? Se mettre sur myspace pour se faire connaître et repérer des organisateurs de concerts, vendre ses morceaux sur son site avec Snocap ou une solution similaire constituent déjà un bon début.
Radiohead, un groupe toujours en avance sur son temps avait déjà fait fort avec son album Kid A qui était sorti sans être accompagné d’un seul single ou clip diffusable en radio ou en tv… et pourtant, il s’était vendu, très bien vendu même. Cette fois-ci, ils font encore plus fort en sortant leur album téléchargeable directement sur leur site. L’album physique viendra plus tard et sera également vendu via leur site pour un montant de 40£ (pour les plus fan). Je me suis toujours demandé pourquoi si peu d’artistes indiquaient leur numéro de compte, un compte paypal ou toute autre forme de possibilité de paiement alternatif sur leur site pour donner la possibilité de leur verser de l’argent parce qu’on apprécie leur travail. Une personne peut télécharger un album, le trouver bon mais pas assez bon que pour l’acheter et dépenser 15 euros. Verser 3 euros directement au groupe s’avère probablement être la meilleure solution car tous les frais de distributions sont réduit à zéro à partir du moment où les titres sont en libre circulation sur le net. Le groupe n’a donc rien à y perdre.
Ici, Radiohead a pris le même principe mais a anticipé la tendance. Plutôt que de retrouver l’album sur la toile sans l’approbation du groupe, ils ont décidé de le mettre en ligne eux même et de laisser l’internaute choisir du prix qu’il est prêt à mettre pour cet album. Une belle initiative qui fait polémique car après Prince, voilà un deuxième album qui ne pourra pas officiellement rentrer dans les charts étant donné qu’il n’est pas distribué chez les disquaires (les charts vont-ils revoir leur modèle ?).
On peut espérer que cette initiative sera couronnée de succès et qu’elle encouragera d’autres groupes à suivre la même voie. En attendant, allez jeter un coup d’œil sur inrainbows.com et faites vous plaisir, l’album en vaut la peine
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Courant juillet, 




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